Questions les plus fréquentes au sujet de l'école à la maison

Publié le par une maman

Je reçois régulièrement, par mail, de nombreuses questions au sujet de l'école à la maison. Souvent, ce sont les mêmes qui reviennent. C'est pourquoi j'ai décidé d'écrire cet article pour permettre à chaque lecteur / lectrice d'avancer plus rapidement dans sa réflexion en lui proposant, de manière non exhaustive, quelques élèments de réponses aux questions les plus habituelles pour qui s'interroge sur l'IEF ou débute en la matière.

 

Les questions de motivations :

 

Pour ce qui me concerne et à titre d'exemple, voir l'article écrit à ce sujet sur ce même blog:

jenseignemonenfant.over-blog.com/article-les-raisons-pour-lesquelles-mes-enfants-sont-descolarises-52941901.html

 

Pour une raison plus actuelle et plus générale , voir l'article suivant aussi sur ce blog :

jenseignemonenfant.over-blog.com/article-ecole-a-la-maison-versus-ecole-publique-plus-que-jamais-une-question-de-vision-118782302.html

 

Les questions concernant la législation et l'administration :

 

* Avant de commencer l'IEF : un simple courrier( daté) sur papier libre comportant l'adresse du domicile, les noms, prénoms, années de naissance et niveaux des enfants, déclarant que ceux-ci seront instruits à domicile pour l'année XXXX est à envoyer à la mairie de la commune où sont domiciliés et instruits les enfants et un autre, identique, à l'Inspection Académique du département. Généralement j'envoie les mêmes, seul l'entête change : sur l'un je mets '' Monsieur le Maire '', sur l'autre '' Monsieur l'Inspecteur d'Académie ''. Ces courriers sont à envoyer avant la rentrée scolaire ( fin août / début septembre)

 

* Pour le côté législatif, voir les 2 liens suivants sur ce même blog : 

 

jenseignemonenfant.over-blog.com/categorie-12280982.html : Bulletin officiel   n°3 du 19 janvier 2012

 

jenseignemonenfant.over-blog.com/article-un-article-de-loi-important-a-connaitre-pour-l-ief-97091650.html : Protocole additionnel à la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales

 

* concernant les allocations de la CAF : aucune différence avec les familles dont les enfants sont scolarisés, si ce n'est pour l'ARS (allocation de rentrée scolaire) : les enfants déscolarisés n'y ont pas droit. Normalement l'Inspection Académique envoie à chaque famille, suite à la déclaration d'IEF en début d'année scolaire, un certificat stipulant la scolarisation à la maison des enfants. Les familles sont sensées le transmettre à la CAF qui, suite à la réception de ce certificat, soit ne versera pas l'ARS pour l'année en cours si elle n'a pas déjà été versée, soit en demandera le remboursement si elle a déjà été versée. Beaucoup de familles IEF, trouvant cela discriminatoire eu égards à l'investissement financier que représente l'IEF, n'envoient pas volontairement ce certificat  D'autres oublient de l'envoyer. D'autres encore ne savent pas qu'elles doivent l'envoyer et donc ne l'envoient pas. D'autres enfin l'envoient. Le seul risque à ne pas le transmettre est un contrôle (administratif) de la CAF qui peut remonter jusque 2 ans en arrière et dès lors exiger le remboursement des ARS indûment versées. A chacun d'agir selon ses convictions dès lors ...

 

Les questions concernant les moyens :

 

* Moyens financiers : l'école à la maison peut être soit très onéreuse soit très peu coûteuse. Cela dépend des choix (dépendants eux-mêmes bein souvent des budgets) de chaque famille. Certaines familles vont investir beaucoup dans les activités, dans les sorties de musées et autres, dans les supports pédagogiques, dans les outils multimédias etc ... D'autres vont exploiter au maximum les ressources gratuites trouvées sur le Net, fabriquer beaucoup de supports pédagogiques, choisir des sorties gratuites et ne pas souhaiter faire pratiquer aux enfants des activités.  Et la plupart des familles vont naviguer entre ces 2 styles d'IEF.

Sur cette base là, on peut admettre que le seul coût réel et commun à quasiment toutes les familles IEF est lié au fait qu'un seul salaire rentre à la maison - bien que certaines mamans arrivent à exercer un mi-temps voire un temps plein en parallèle lorsque leur profession le leur permet, ceci étant relativement rare tout de même.

 

* Moyens pédagogiques : s'il y a une idée à laquelle je voudrais tordre le cou concernant l'école à la maison, c'est bien à celle qui consiste à croire que seuls les professionnels de l'éducation peuvent le faire car ils en sont CAPABLES ! Et bien non, non et non ! Quantité de mamans (car ce sont la plupart du temps elles qui assurent l'école à la maison) pratiquant l'IEF ne sont ni instit, ni professeur des écoles, ni professeur tout court, ni éducatrice de jeunes enfants ou autres ni ... ni ... etc etc .... Je suis profondément certaine que toute maman convaincue du bien -fondé de l'IEF saura trouver les ressources en elle-même et autour d'elle pour enseigner son enfant, au minimum en ce qui concerne la maternelle et la primaire, quitte à revoir quelques bases en même temps que son enfant. En ce qui concerne le collège, je pense que c'est aussi faisable, moyennant peut -être plus de supports avec corrigés pour certaines personnes dans certaines matières. Et pour ce qui est du lycée, suffisament de personnes de tous âges passent chaque  année le bac en tant que candidats libres, donc sans avoir suivi de cours dans un lycée, et la réussite est souvent à l'arrivée. Il est donc tout à fait possible pour un jeune de passer ses années de lycée en préparant son Bac dans le cadre de l'IEF.

Voici ma pratique personnelle concernant le collège et le lycée (je précise que je suis une croûte en maths, mais une vraie : j'ai eu 2/20 au bac en section littéraire !!)

 

Pour le collège :

En français, je travaille depuis 2-3 ans, avec les collections '' Classiques et compagnie '' ainsi que '' Oeuvres et Thèmes '' des Editions Hatier. Ce sont des livres peu onéreux ( entre 2,50 et 4 euros le livret), qui ont le mérite de proposer l'oeuvre complète ou en larges extraits, avec des questions dont les corrigés sont téléchargeables sur le site Hatier moyennant un numen (numéro d'identité spécifique au personnel de l'Education Nationale - c'est le moment de faire jouer ses relations, ou les relations de ses relations ou d'en trouver un sur le net- quelqu'un m'ayant dit qu'il y en aurait qui se promèneraient un peu partout sur la toile, mais ça, je n'ai pas vérifié !). Les oeuvres sont classées par niveau et cela  permet de choisir celles qui sont les plus correctes au niveau contenu tout en demeurant dans le coup quant à ce qui est attendu dans le programme officiel. J'en choisis en général 5 / an et par niveau : 1 à étudier entre la rentrée et les vacances de Toussaint, une à étudier entre la fin des vacances de Toussaint et les vacances de Noël et ainsi de suite. A cela j'ajoute le livret d'activités Chouette de chez Hatier pour ce qui concerne une approche plus systèmatique de la grammaire et de l'orthographe ( moins de 5 euros le livret, les corrigés sont dedans), des ressources trouvées sur le Net lorsque ça coince sur un point et qu'il faut davantage travailler la leçon, ou même quelques bidouilleries perso improvisées. Ainsi que des annales à partir de la fin de la 4ème pour la préparation au Brevet des Collèges.

 

En maths, j'utilise des manuels scolaires achetés en librairie et choisis selon 2 critères : 1) je peux avoir le corrigé  (livre du prof édition papier '' commandable '' en librairie ou PDF téléchargeable sur le site de l'éditeur) et 2) il y a le cours à l'entrée de chaque chapitre. J'ai réussi à suivre comme cela jusqu'en 4ème, quoiqu'en peinant sur certains chapitres de géométrie. Mais je suis contente d'avoir effectuer ma remise à niveau jusque là ! (lol !!). Pour la 3ème et ensuite, comme il y a le brevet puis le Bac, je sollicite une aide extérieure. Dieu a toujours merveilleusement pourvu : étudiant à l'année gratuitement (dans quelle église n'y a-t-il pas un étudiant en maths ou économie ou physique  prêt à aider en échange d'un bon repas ??) ou, depuis 2 ans, pour une somme modique, une ancienne physicienne du CNRS à la retraite qui a une multitude d'enfants IEF en cours privé (elle a elle-même fait l' IEF pour son propre fils à une période où les contrôles n'existaient même pas - le rêve ...). Grâce à elle, ma seconde fille a eu un 17 au Bac (ES spécialité maths !). Et si je vous disais comment je l'ai trouvé ... vous comprendriez que Dieu a pourvu d'une manière parfaite à mon incompétence notoire en maths pour que je puisse poursuivre l'IEF avec ma chère enfant !

 

En hist/géo/éducation civique, j'utilise aussi des livres scolaires classiques, toujours choisis selon les mêmes critères. Ce ne sont pas les matières les plus difficiles de toutes façons, il suffit souvent de bien lire les données pour trouver la bonne réponse - je trouve même cela un peu trop simplet parfois ....

 

En sciences, c'est un peu différent. Cette matière n'est pas contrôlée dans l'académie dont je dépends, nous ne sommes pas scientifiques pour 2 sous, donc j'ai tout simplement laissé tomber de la 6ème à la 4ème inclue. Des lectures de revues adaptées, des DVD pris à la bibliothèque et Maxicours (site de soutien scolaire, payant,  mais si on tombe sur la bonne promo, c'est sympa. Pour ma part, j'avais pris l'an passé un abonnement de 6 mois à moins de 20 euros par mois pour l'ensemble des enfants, chacun d'eux ayant ensuite son identifiant perso pour accéder à son propre niveau) me semblent suffisant pour assurer le minimum de culture générale en la matière. A partir de la  3ème, on reprend le manuel scolaire, toujours selon les mêmes critères, et les filles s'en sont toujours bien sorties, motivées par la perspective du Brevet et intéressées par cette matière qu'elles (re)découvrent. Le chapitre sur l'évolution, je l'élimine ou me contente de le leur faire lire et d'en parler un peu avec elle. Je suis désolée, mais faire apprendre des inepties à mes enfants n'est pas dans mes capacités. Pour le moment, grâce à Dieu, elles n'ont pas été pénalisées par ce choix. Pour le lycée, aucune ne s'est pour le moment engagée dans un Bac S donc je n'ai pas eu à gérer mes incompétences scientifiques, mais je sais que Dieu les comblera d'une manière ou d'une autre si le cas se présentait. Ceci n'est en tous les cas pas un motif de rescolarisation pour moi.Il existe toujours des solutions (autres que le CNED , je précise,  il est exclu d'office car trop cher pour notre budget).

 

En langue, j'ai 2 pratiques différentes. La LV1 imposée chez tout le monde dès la maternelle, c'est l'anglais. Il ya donc quelques bases à l'arrivée en 6ème parce que je gère un minimum. 6ème, 5ème et 4ème, ce sont les livrets Chouette dont j'ai déjà parlé pour le français et le Bled anglais pour la grammaire, des méthodes style Assimil mais en moins chères pour l'oral, et des albums pour enfants en anglais que je leur demande de traduire pour le vocabulaire. Ensuite, ce sont les cours EAD et jusqu'au Bac (équivalent belge du CNED français mais à un prix défiant toute concurrence : moins de 40 euros par enfant pour autant de matières et d'années que l'on veut !!), avec quelques supports supplémentaires d'exercices trouvés en librairie pour combler l'attente entre l'envoi de 2 cours qui est parfois un peu longue. En LV2, les enfants choisissent ! J'ai ainsi eu de l'allemand, de l'espagnol et de l'italien. Là je ne peux rien faire, ignorante que je suis. Je leur ai donc fourni Chouette, Bled, méthode orale et internet (de la 6ème à la 4ème) et j'ai espéré qu'elles s'en sortent ! Puis EAD à compter de la 3ème. Résultats satisfaisants à l'arrivée pour mes 2 bachelières (dont l'une a d'ailleurs continué en Langues Etrangères Appliquées à la fac).

 

Pour le lycée : je choisis les livres avec les filles, elles sont assez grandes à ce moment -là pour savoir avec quoi elles accrochent le mieux. Les critères demeurant toujours les mêmes. A cela s'ajoutent EAD pour les langues, les annales de tous bords achetées ou trouvées sur le Net, les cours des copains/copines qui sont déjà passés par là, les ressources internet multiples et variées etc etc. ... Ma part à ce moment là, c'est le coaching, quelques conseils sur les méthodes de travail et beaucoup de soutien moral.

 

Un mot sur la maternelle : jeux éducatifs (Emmaüs si pas les moyens), cahiers d'activités achetés en grande surface, ressources internet qui sont légions et, pour la dernière, je me suis mis à la méthode Montessori. Beaucoup d'enseignements informels aussi, selon les circonstances du moment.

 

Un mot sur la primaire : cahiers d'activités Chouette de chez Hatier que l'on trouve en grande surface (moins de 5 euros par matière, avec les corrigés), ressources internet  en hist, géo et sciences pour monter mes propres cours et bidouillages perso quand nécessaire. Un peu de Montessori aussi avec mon avant -dernière ainsi que les fichiers des Editions Buissonières (très chers car photocopiables donc réutilisables à l'infini !!!), spécialement acquis pour elle suite à certaines difficultés rencontrées dans ses apprentissages.

 

Les questions d'organisation :

 

* Pour l'enseignement : Le maximum de niveau que j'ai eu en même temps est de l'ordre de 5 : terminale, 4ème, 5ème, CM1 et maternelle. Fameuse question : comment j'ai fait ??????????? Et bien, ce n'est pas si compliqué que cela si on comprend que mes enfants sont complétement autonomes dès la 4ème / 3ème (voir ci-dessus les moyens pédagogiques), semi -autonomes en 6ème/5ème et complétement dépendants (ou presque !) en maternelle et primaire. Autrement dit, les enfants qui sont réellement à ma charge sont ceux du primaire ( la maternelle n'étant pas obligatoire donc pas contrôlée, je fais l'impasse les jours où je n'ai pas la disponibilité). Alors il est vrai que j'ai eu, certaines années, 2 ou 3 enfants en primaire et que mon cerveau a ressemblé à un ordinateur avec plusieurs pages google ouvertes en même temps et entre lesquelles je jonglais pour suivre à la fois l'exercice de maths de l'une, l'exercice de français de l'autre et faire une dictée à une autre encore ! Ce fut des moments de sport de haut niveau intellectuel de par la vivacité d'esprit nécessaire, encore plus difficile quand il y avait un bébé en plus à gérer ! Mais bon, je m'en suis sortie, un peu sur les nerfs parfois, mais c'est faisable ! Avec un regard d'humour sur la situation et la conviction quant à ce que l'on fait, ça passe même plutôt bien. Par contre, pour l'hist/géo et les sciences, j'ai essayé des cours en communs (préparés par mes soins durant les grandes vacances pour pouvoir les faire sur mesure pour chaque enfant), et cela fut assez sympa. Donc voilà, les (maternelles et) primaires travaillaient tous en même temps avec moi dans la même pièce ( français et maths tous les matins, les autres matières dispatchées sur les après-midis de la semaine), les 6ème/5ème avaient leur travail à faire après quelques explications si nécessaires et se mettaient dans une pièce à part pour le faire. A moi ensuite de trouver avec eux le temps de la correction ou de l'accompagnement si besoin (entre les primaires et maternelle si possible, ou en fin de matinée, ou en début d'après-midi ou en soirée ou le week end; mais jamais tout ça à la fois dans une même semaine, ouf !). Et les autres (4ème à Terminale), en autonomie complète avec leurs livres et corrigés , quelque part dans la maison, selon leur humeur (mais je vérifie encore en 4ème et 3ème que le travail est fait et corrigé et s'il y a trop de vert sur les feuilles (couleur de la correction),  je reprends, dans un moment de libre, le travail avec l'enfant concerné, ce qui arrive rarement ! ).

Alors comment est-ce que j'arrive à cette fameuse semi-autonomie en 6ème/5ème et autonomie à compter de la 4ème ?  

 Parce que je travaille beaucoup sur 2 axes durant la primaire et le début du collège : le sens du travail bien fait et fait jusqu'au bout, de l'effort, de la persévérance et , surtout, ce que l'on appelle les compétences transversales : 

* savoir lire et comprendre tout type de texte et y discerner les informations et données nécessaires au traitement des questions posées, 

* savoir lire, comprendre et interpétrer tout type de document, qu'il soit littéraire, mathématique, géographique, historique ou scientifique (carte, diagramme, tableau, etc etc ....), savoir écrire sans fautes de grammaire, de conjugaison et d'orthographe,

* savoir utiliser un dictionnaire français et linguistique (dictionnaire de langues),

* savoir quelle opération utilisée parce que le sens de chacune d'elles est compris,

* savoir lire et travailler les grands nombres et les nombres décimaux,

* savoir utiliser les différents instruments de géométrie, se repérer dans l'espace (de la feuille notamment) et connaître le vocabulaire de base en géométrie,

* savoir effectuer une recherche sur internet,

* savoir organiser son travail et le présenter correctement, de manière lisible et agréable,

* savoir se corriger soi-même ( avec l'aide des corrigés bien sûr !) en toute honnêteté,

* savoir comment traduire un texte en langue étrangère pour le comprendre,

* savoir structurer sa parole ou son écrit pour présenter de manière compréhensible une pensée développée et argumentée.

* savoir développer une ouverture d'esprit et un esprit critique au travers de la réflexion et de l'analyse,

* etc etc .....

Autrement dit, toutes ses compétences qui leur seront grandement utiles durant toute les années qu'ils choisiront d'étudier, non seulement pour le Bac mais aussi bien au-delà.

Alors il est clair que toutes ses compétences ne sont pas parfaitement acquises et maîtrisées à l'entrée en 4ème, mais elles sont suffisamment travaillées pour leur permettre d'évoluer seuls et de les parfaire au fil du temps, moyennant un accompagnement à la demande.

Le reste n'est, pour moi, que secondaire : une connaissance qui n'est pas utilisée est une connaissance qui n'est pas retenue donc je n'axe pas du tout sur tout ce qui est du type mémorisation de connaissances (sauf lorsque c'est indispensable bien sûr !), ayant constaté que lorsque l'enfant est motivé et/ou dans le besoin de savoir quelque chose, il l'apprend beaucoup plus spontanément et facilement. La culture G, on peut l'acquérir de bien d'autres manières que par du par coeur pendant 10 ans ! La mémoire, on peut la travailler autrement qu'en faisant apprendre des leçons comme à l'école ! Le recul que j'ai avec mes étudiantes me permet de l'affirmer sans problèmes : elles en savent bien plus que moi et, surtout, ce n'est certainement pas grâce à moi qu'elles le savent. Elles l'ont donc appris elles-mêmes, lorsque la nécessité s'est présentée, et aucune ne s'est trouvé en échec ou hors jeu par rapport aux autres par manque de connaissances !! Quant à mes ados, l'une d'elles me dit que ses amies sont régulièrement étonnées de ce qu'elle sait ....

 

 

Mon investissement hebdomadaire est donc le suivant :

 

* Contenu des cours et progression annuelle définis et préparés durant les vacances d'été, ce qui me donne un gain de temps considérable au quotidien durant l'année.

* Chaque week end : vérification rapide du travail de la semaine passée pour le collège, préparation de la feuille de route pour chaque enfant (maternelle à 3ème inclue), comme ça chacun sait ce qu'il a à faire dans la semaine ( et je tiens compte de ce qu'il faut éventuellement revoir suite à ma vérification rapide). Cela me prend 1 à 2 heures selon la quantité d'enfants au collège et la nature des supports. Classement aussi dans les différents classeurs du travail effectué durant la semaine précédente (mais certaines années je faisais ce classement à chaque petites vacances).

* Chaque jour : enseignement des enfants en primaire  et maternelle comme succintement décrit ci-dessus (entre 2 et 6h/ jour selon les moments), réponses et aides ponctuelles à mes collégiennes + accompagnement quand nécessaire pour les 6ème/5ème ( de moins de 1h à 1h30 /2h par jour mais c'est assez rare que j'en fasse autant)+ débriefing et coaching de mes lycéennes , surtout en soirée ou durant les repas (donc c'est du temps informel , c'est dans la discussion,  alors je ne considère pas cela comme du temps IEF : elles seraient au lycée, je ferai pareil !)

 

La répartition dans la journée/semaine se fait ainsi :

 

* Maternelle : pas de règle !

* Primaire : maths et français le matin (2h de travail environ), le reste réparti sur les après-midis (2 à 3 h de travail environ). On travaille les lundis, mardis, jeudis toute la journée et les vendredis après-midis. Parfois le mercredi ou le samedi, quand il y a du retard de pris sur la progression annuelle, un besoin de traiter un point en profondeur et que le temps ne se trouve pas ailleurs pour le faire ou avant le contrôle ....Mais c'est très très exceptionnel !

* Collège et lycée : les filles répartissent leur travail sur la semaine comme elles le souhaitent, mais gardent à peu près la même répartition que les plus jeunes. Elles se lèvent juste plus tôt car le volume de travail est vraiment plus conséquent.

 

* Remarques : - la feuille de route établie en début de semaine pour chaque enfant tient compte des '' à -côtés '' : RDV , sorties, visites etc ... Il y a donc des semaines où on travaille vraiment beaucoup beaucoup (6h ou plus certains jours de ces semaines chargées en primaire) et les semaines où c'est vraiment cool (2h environ certain jours de ces semaines cool !)

                      - il y a les années avec emploi du temps / enfant, les années sans emploi du temps du tout et les années avec emploi du temps pour certains enfants (les collégiens aiment bien se fabriquer un emploi du temps calqué sur ceux de leurs ami(e)s scoalrisé(e)s !). Il ya même eu l'année où maman a essayé de se faire son propre emploi du temps pour tout caser, mais elle n'a jamais réussi à le tenir !!! -MDR !)

                       - à ceci s'ajoute les activités '' extrascolaires '' : musique, gymnastique, scoutisme, bibliothèque, équitation - selon les enfants-  et ce que nous appelons les '' moments spi '' consacrés aux enseignements bibliques.

 

 

* Pour l'intendance de la maison : le vendredi matin est consacré au travaux pratiques ménagers : les enfants nettoient leur chambre, les WC et salles de bains ainsi que leur pièce bureau et, à tour de rôle, ce qui ressemble plus ou moins à une salle de jeu. Chacun fait son repassage (celui de la dernière est fait par une grande soeur). Cela représente 1h à 1h30 par enfant et leur permet d'acquérir les bonnes habitudes et gestes qui leur serviront toute leur vie. Les sols des pièces à vivre sont fait une fois/ semaine, en général le samedi soir par les 2 plus grands enfants présents à la maison (donc ça tourne sur 3 têtes étant donné les absences de l'une ou l'autre). A ma charge demeure le linge, les multiples rangements et petits nettoyages que personne ne remarque mais qui finiraient par faire vraiment dégoûtant s'ils s'accumulaient, le nettoyage de la buanderie, les poussières des pièces à vivre et le gros ménage annuel. Chaque jour les enfants tournent de manière équitable sur la vaisselle (et oui, nous n'avons pas de lave-vaisselle !) et un coup d'aspirateur. Pour la cuisine, depuis que je fais l'IEF, je me suis simplifié cette tâche au maximum : courses une fois/ semaine et c'est tout, sur la base de menus préétablis pour n'acheter que le strict nécessaire (et éviter les gaspillages et dépenses inutiles). Je n'utilise que des produits non cuisinés, mais il y a beaucoup de surgelés au niveau des légumes pour économiser le temps de l'épluchage. Nous mangeons des plats les plus naturels possibles, avec peu d'ingrédients, très simples et bon marché donc ça va vite. Et je trouve souvent des petites mains pour me proposer leur aide, sinon je les sollicite en cas de besoin.

Au fur et à mesure que les enfants avancent dans les études (à compter de l'année du Bac), leurs tâches ménagères diminuent pour qu'elles aient plus de temps pour étudier et parce que cela est de plus en plus difficile pour elles de trouver la disponibilité pour les faire. Elles gèrent leur repassage selon leurs besoins, leur espace privée (chambre) et donnent un coup de mains quand c'est vraiment nécessaire et que je sais qu'il est possible de les solliciter.

 

 

Les questions de socialisation:

 

Lorsqu'on fait l'école à la maison, la socialisation est davantage transgénérationnelle et je trouve cela beaucoup plus réel et équilibré. Les enfants côtoient une moindre quantité de personnes mais elles y gagnent en diversité (et donc en qualité d'échange). Elles rencontrent aussi bien des bébés, que des enfants d'âge varié, que des adultes, que des personnes âgées. Elles côtoient des personnes seules, des couples, des mamans, des étudiants, des gens qui travaillent. Tout cela au gré des engagements associatifs  de maman, des RDV médicaux où j'emmène souvent plus d'enfants que le seul concerné, des rencontres entre familles IEF. Je fais rarement les courses seule, ce qui leur apprend à organiser et gérer les dépenses et leur donne un petit bain de foule. Elles font des rencontres au cours de leurs activités, ont des ami(e)s d'enfance, des voisines sympas. Je suis profondément convaincue de quelque chose : un enfant peut se sentir très seul au milieu d'un groupe, fusse-t-il constitué d'enfants de son âge. L'essentiel n'est pas la quantité d'ami(e)s et la fréquence à laquelle on les voit mais la qualité des échanges que nos enfants développent avec eux/elles. Et sur ce point, je peux dire que mes enfants et ados sont très appréciés et ont la réputation d'être fidèles en amitiés (ils se connaissent pour beaucoup depuis bébés !!!). 

La socialisation peut aussi se faire au travers des activités extra-scolaires, des colos ou centres de vacances, des rencontres organisées entre famille IEF (cela marche très bien dans certains départements) et des enfants des ami(e)s de papa et maman.

Les quelques rares études existantes sur cette question, pour la plupart en provenance des Etats-Unis où l'IEF est beaucoup plus développée que chez nous, concluent que les enfants scolarisés à la maison sont plus paisibles dans leurs relations, plus sociables, plus équilibrés et, devenus grands, bien plus impliqués que la moyenne dans la vie associative et citoyenne.

Il est une chose certaine : les enfants IEF échappent à un triste aspect de la socialisation tant mis en avant : celui du harcèlement scolaire qui se développe de plus en plus ces dernières années !!!!

 

Les questions de '' réinsertion '':

 

Comment sont les enfants non-sco lorsqu'ils rejoignent les bancs de l'école, du collège, du lycée, de l'Université ? Rarement en décrochage scolaire, bien plutôt au-dessus de la moyenne (statistiques américaines là encore, le sujet n'intéressant que fort peu de ce côté-ci de l'Atlantique !). Sans problèmes particuliers de socialisation ou d'adaptation au système, plus confiants en eux-mêmes, plus aptes à faire preuve d'empathie et généralement enviés quant à leur parcours scolaire hors norme. Le recul que j'ai à ce sujet concerne 2 de mes enfants (Université) et quelques-uns de mes amies, tout s'est bien passé ....

 

Unschooling ou homeschooling ?

 

Autant de manière de vivre l'IEF que de familles la pratiquant ! Certaines s'orientent sur le unschooling (l'enfant apprend au gré de ses envies, des circonstances, les apprentissages sont informels,  etc ...). Le postulat de base étant qu'un enfant qui est intéressé sera motivé pour apprendre et acquièrera à ce moment -là les connaissances et compétences requises beaucoup plus rapidement que les autres et, en plus, les retiendra. D'autres s'orientent véritablement école à la maison(homeschooling) : c'est comme en classe, mais à la maison. Et d'autres naviguent entre les 2 orientations ou se situent entre elles. A chacun d'agir selon ses convictions. Rien n'est figé, tout est modulable, évolutif.  Il est juste important de savoir que le unschooling est illégal car, en France, l'instruction est obligatoire. Cela crée souvent des tensions entre les familles et les Inspecteurs au moment des contrôles, celles-ci voulant faire valoir leur droit à la liberté pédagogique et sachant pertinemment que leur enfant apprend, même si c'est différement, ceux-ci voulant absolument faire coller chaque enfant au seul modèle d'enseignement et d'instruction qu'ils connaissent, à savoir les traces écrites, les exercices, bref, comme à l'école.

Pour ma part, j'ai commencé l'IEF, il y a presque 10 ans, de manière très très scolaire ( et oui, être instit est plutôt  un sérieux désavantage !). Il m'a fallu beaucoup d'années, de nombreuses  prises de consciences, du recul, des réflexions, des lectures, de la confiance en moi et en mes enfants pour, au fil du temps, changer ma pratique et devenir beaucoup plus souple. Le plus drôle pour moi qui ne suis pas du tout pro-unschooling, est que j'ai ma petite dernière de presque 5 ans qui refuse absolument tout travail scolaire. Avec elle, bon gré mal gré je tombe dans le unschooling ! Même la méthode Montessori ne l'attire pas ! Je ne sais pas comment la suite va se passer. Pour le moment, je suis cool, car je n'en suis pas à mes débuts dans l'IEF, parce que je sais (par ce que j'ai lu et entendu) que ces enfants-là apprennent quand même, mais à leur manière et à leur rythme, et parce que j'ai encore 2 années devant moi sans contrôle pour elle. Mais je suis curieuse de voir comment nous allons évoluer elle et moi et c'est un véritable nouveau challenge qui s'offre ainsi à moi ! Affaire à suivre .... J'appelle cela, avec humour, le coolschooling :-) !!!

 

Voilà, j'espère avoir répondu à la plupart des questions qui reviennent le plus souvent concernant l'école à la maison. N'hésitez pas à me contacter par mail si vous ne trouvez pas de réponses à votre question ! J'essaierai d'y répondre au mieux, selon mon expérience et la sagesse que Dieu me donnera.

 

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Mireille 21/01/2019 21:57

Bonjour,
Merci pour ce partage vraiment complet ! J'ai vu que votre article date de 2013, alors je ne sais pas où en sont vos enfants. Pour ma part, je me pose la question pour ma fille actuellement en 2nde. Mais du coup, elle aurait à passer le nouveau bac en 2021. Et j'ai du mal à trouver des informations concernant la part du contrôle continu dans la note finale. Parce que naturellement, si elle ne va pas au lycée, elle n'aura pas de contrôle commun... Avez-vous des informations, au cas où certains de vos enfants soient encore concernés par cet examen...
Par avance merci !
Bien cordialement.
Mireille

une maman 19/02/2019 12:47

Bonjour,

Aucune information à ce jour .... ma fille est également en seconde . J'avais téléphoné au Rectorat de mon secteur en septembre : aucune information non plus pour les candidats individuels et même pas assez informés pour les candidats scolarisés .... dans l'attente donc. Mais sans inquiétude ;-)

So 14/10/2016 15:43

Bonjour, un immense merci pour toutes ces précieuses informations... Je n'ai jamais pratiqué l'IEF mais je me pose sérieusement la question actuellement : ma fille est élève (plutôt "bonne" pour le moment) de CM2 et je ne trouve pas séduisants les collèges alentour et malheureusement (ou pas?) trop cher le collège privé pour notre budget. Evidemment ça me met une certaine pression (pour ne pas dire une pression certaine) car on parle là de l'instruction de nos enfants... ce n'est pas rien, tout de même! J'ai été moi-même une plutôt "bonne élève" mais j'ai énormément oublié, j'ai donc une appréhension légitime... Cela dit, me replonger dans tous ces cours me ferait le plus grand bien!! ;-) Ma fille est une enfant vive et curieuse mais sensible à la moquerie, au racisme sous toutes ses formes (religion, nationalité, handicap, physique...) et à l'intolérance d'une manière générale. Alors je ne peux m'empêcher de penser qu'elle aura du mal à tenir le coup au collège... Chaque histoire est différente mais je n'ai pas envie qu'elle ait à subir ce que j'ai vécu, surtout que de nos jours le harcèlement, la méchanceté, la jalousie etc me paraissent encore bien pires qu'à mon époque... :-( Je m'égare... Lire votre témoignage est rassurant et m'encourage à me lancer, encore merci!! (Si je m'y mets, j'aurai sûrement 1000 raisons de revenir par ici vous poser des questions!) Cordialement, Solen

heureusemaman 21/05/2016 20:12

Bonsoir,

Cela dépend des académies. Chez nous, c'est convocation de toutes les familles IEF (sur 3 demi-journées) en janvier ou février dans les locaux de l'Inspection Académique et les enfants sont contrôlés individuellement (un temps de préparation puis oral) en français, maths, hist-géo et LV1 et il y a un entretien (individuel aussi) avec un inspecteur.

jp 21/05/2016 17:13

bonjour je voudrai savoir comment se passe l'inspection pour le collège à la maison? merci

heureusemaman 14/03/2016 21:51

Tant qu'elle n'a pas atteint l'âge de la scolarité obligatoire son collège de secteur ne peut pas la refuser.

nouir 11/03/2016 13:53

Bonjour, j'aurais aimer prendre ma fille un an a la maison pour l'ief . Cependant je prévoir une reprise au collège ce qui me fait un peut peur . Je développe: les enfant issus de l'ief sont catalogué du faite qui ne viennent pas avec un carnet de note avec appréciation des professeur. Alors après avoir passer le test du collège dont nous dépendant ma fille passerais après tout les enfants issus du système public. Donc elle aurais peut de chance d'intégrés un collège même s'il elle obtient de bon résultats au teste. Les argument législatif dise oui tant dis que dans la réalité cela ce passe autrement.

heureusemaman 14/03/2016 21:52

Tant qu'elle n'a pas atteint l'âge imite de la scolarité obligatoire son collège de secteur ne peut pas la refuser.

enfanceheureuse 10/07/2014 19:24

Merci beaucoup pour votre témoignage très complet. Celui-ci m'a permis d'être rassurée sur le choix que j'ai fait de l'IEF pour ma fille et de me projeter avec moins d'inquiétude dans le futur.

gentiane 15/04/2014 09:04

merci pour cet article.

walouu 15/02/2014 20:04

Bonsoir! Une chose de sure.. Je n'ai plus aucunes questions! ..Ah si, comment c'est déroulé au fur et à mesure des années vos visites avec les inspecteurs de l'éducation?
Merci pour tout ce que vous avez rédigé, c'est vraiment complet.